EXIL de Michel Séméniako

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Clandestins : la survie en exil.

  

« Un jour, en 2000, je découvre dans la presse l’image spectrale et verdâtre d’un groupe de clandestins, elle me bouleverse.

Une mémoire familiale, jusqu’ici enfouie, fragmentaire et désordonnée comme un dépôt lapidaire, se trouve subitement réactivée par l’actualité.

Cette image d’humains, traqués comme des bêtes sauvages par des caméras thermiques, exprimait la violence dominatrice des puissants, dotés d’une technologie sophistiquée, sur les misérables fuyant guerre et pauvreté. En utilisant un film infrarouge, je détourne cette technique « froide » de surveillance. J’en inverse le processus : la chaleur ne dessine plus une cible, mais exprime l’aura des corps vivants, leur énergie pour survivre

Les liens étroits qui rattachent les évènements dramatiques récents (Sangatte, les sans papiers, les boat people en méditerranée…) à ma mémoire familiale ont généré la mise en œuvre de ce projet.

1921, ma mère, ses parents, et d’autre part mon père, fuient la guerre civile qui dévaste l’URSS.

Un périple à travers l’Europe les amène à se rencontrer en France. De cette épopée, je n’ai connu que quelques bribes de récit : l’assèchement des marais en Bulgarie, le bateau en mer Baltique, le statut de réfugié et une volonté farouche d’intégration (il n’a jamais été question que les enfants parlent le Russe), la route du retour était barrée à tout jamais.

Ma compagne, elle, enfant, a franchi clandestinement la frontière de l’Espagne avec sa mère par l’estuaire de la Bidassoa, pour rejoindre son père, réfugié politique, déjà arrivé en France en passant par les Pyrénées.

L’origine des migrants dessine depuis toujours la carte des conflits et de la misère dans le monde.

Le clandestin n’a pas d’autre issue que de couper ses racines familiales, matérielles et culturelles, la fuite le contraint à cacher sa singularité jusqu’à l’invisibilité.

Il intègre cet effacement comme une condition de sa survie et son exil prend la forme d’un rêve-cauchemar. (…) »

Michel Séméniako

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Michel Séméniako

Lauréat du prix Nadar (1992) et du prix Villa Médicis Hors les Murs (1991), Michel Séméniako a développé depuis 1980 deux axes de recherche complémentaires :

– Les images nocturnes
Michel Séméniako arpente, de nuit, paysages et architectures, et les révèle à l’aide du faisceau de ses lampes torches. À la faveur de commandes publiques ou dans une quête personnelle, il parcourt ainsi le monde à la recherche de lieux de mémoire.

– Les images négociées
Ces portraits réalisés en concertation créative avec leurs protagonistes associent les membres d’une communauté à la production de leurs images. Réflexion sur le groupe, cette recherche est également un travail sur l’identité. Chaque sujet photographié y affirme la sienne à travers la conception de son propre portrait et le statut de co-auteur qui lui est conféré.

 

Louise L. Lambrichs est écrivaine.

Photographe(s)

Auteur.e(s) des textes

Genre

Caractéristiques du livre

Ouvrage relié cartonné
Couverture clandestine en carton brut, marquée à chaud sans dorure
Format 21 x 28 cm à la française
100 pages
21 photographies reproduites pleine double page
Bichromie sur 170 g. couché classique semi mat
Ouvrage relié à la bodoniana

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